Jeudi 28 août 2008
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Un air de famille était un petit bijou. Le dernier film est un précipité usé, limite décomposition. Vive la recomposition. D’ici là,
Agnès Jaoui doit arrêter son cinéma et se consacrer à la chanson.
Les bonnes situations restent, les bons mots subsistent ici et là. Exemple : Bacri le reporter interviewe Jaoui la politique dans
une colline. L’entretien au grand air est perturbé par les bêlements d’un troupeau de moutons. Et voilà que Bacri tente de les disperser mollement et déclare : J’ai quasiment aucune autorité
sur ces moutons !
Encore, les personnages secondaires ont toujours le beau rôle et envoient élégamment au tapis les pseudo premiers rôles.
Mais la chronique familiale est ennuyeuse, mais la chronique sociale est anecdotique. Le profil du film est trop personnel, le déroulé
trop confus pour atteindre une dimension universelle, et toucher et emballer. Parlez-moi de la pluie aurait pu être une espèce de road-movie provençal où le reporter local Bacri, détaché,
flottant, revenu de tout, aurait suivi et heurté la femme politique féministe que joue Jaoui, au bord du fiasco personnel. Y aurait eu de jolis rebondissements, sans pour autant déroger à leur
ligne réaliste. Là, ça papillonne sans légèreté. Avec une dose de travail supplémentaire, on aurait pu atteindre un short-cuts couleur Méditerranée. Là, les sujets et histoires du film ne recèlent aucun mystère ; les glissements sont attendus, les chevauchements maladroits.
Par antonin sisteron
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Mardi 29 juillet 2008
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22:53
"Il faut prendre garde aux quantités. Un peu de thym dans la gibelotte en relève le goût, trop de thym la rend immangeable. Dans bien des cas un changement de
quantité inverse le signe, porte la chose à son contraire. On perd souvent de vue que les concepts qui constituent le clavier de la pensée sont fonction d'une quantité donnée ; modifier celle-ci le
concept visé fait place à un nouveau, d'un autre registre, d'une autre série. Trop de pruderie fait un bégueule; un peu de licence fait un homme aimable; trop de licence fait un vaurien. Un peu
d'information, la rencontre d'une production d'art, alimentent sans doute l'esprit de création. Trop d'information, trop d'empressement aux productions d'art, le stérilisent."
(leçon de physique élémentaire de l'information)
Par antonin sisteron
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Mardi 8 juillet 2008
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23:01
"Les intellectuels se recrutent dans les rangs de la caste dominante ou de ceux qui aspirent à s'y insérer. L'intellectuel, l'artiste, prend en effet titre qui lui
donne pairie avec les membres de la caste dominante. Molière dîne avec le roi. L'artiste est invité chez les duchesses, comme l'abbé. Je me demande dans quelle désastreuse proportion s'abaisserait
aussitôt le nombre des artistes, si cette prérogative se voyait supprimée. Il n'est qu'à voir le soin que les artistes prennent (avec leurs déguisements vestimentaires et leurs comportements
particularisants) pour se faire connaître comme tels et bien se différencier des gens du commun."
Remarque corollaire : si une artiste épouse un roi (ou un roitelet médiacrate élu), ça pousse le raisonnement au top niveau, et l'artiste
disparaît.
Consigne : Remplacer le mot "artistes" par "journalistes", ça passe assez bien.
Par antonin sisteron
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