Mediapsycho

Dimanche 10 mai 2009

Le samedi 2 mai, je me suis dit : "Tiens mon coco tu vas te lire Le Monde". Je ne suis pas braqué contre toute la presse.

Pas mal l'enquête sur "la crise sociale multiforme qui secoue la France". Ils sont descendus dans les régions. Du boulot de journaliste, OK. Pas mal Le Monde des Livres. Pas mal Le Monde 2 et sa cover :Gastronomie et chimie : du goût et dégoût.

A propos de dégoût, oh là là, que vois-je à l'horizon, en GROS, sur la Une ?


Une publicité, une seule... Faut bien que l'argent rentre dans les caisses. Absolument. Gallimard présente "L'Homme qui m'aimait tout bas", collection NRF. Et devinez qui est l'auteur de ce livre, lalali-lalalère ? Levez les yeux 20 centimètres au-dessus, y a marqué le nom du directeur du Monde.

Je me dis : comment ne s'écroule-t-il pas sous le poids de la honte ? Un directeur de journal autorise, accepte, voire même, sait-on jamais, pousse à... Je faillis renvoyer le café allongé siroté en ce petit matin printanier de crise sociale, où les abus de pouvoir financier des "grands patrons" font, depuis des semaines, la Une de la presse.

Après ça, c'est possible de se présenter le lundi matin en salle de rédaction ? Abus de pouvoir personnel, vanité à la Une, boursoufflure du pouvoir à la Une. Horreur médiatique. Où va paître la corruption du MOI...

Par antonin sisteron
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Mardi 23 septembre 2008

Des gens ont une présence outrancière dans les médias.
On les voit, on les entend, on les lit. Encore, encore, comme toujours.
Rien à voir avec le comique de répétition.
Ils aiment s'y montrer. Comme s'ils n'étaient jamais assaillis par le doute - un soupçon d'altérité de l'ego-, comme s'ils ne se demandaient jamais s'ils n'ennuient pas, comme s'ils exigeaient qu'on les aime ad vitam aeternam, à n'importe quelle dose, sous n'importe quelle fréquence ; qu'on aime leur timbre de voix, leurs mots, leur visage, leur coupe de cheveux, leur air, leur peau, leurs traces, leurs manières, leurs gestes, leur Être placardé.
Vous, les PDDA, les BHL, la clique des animateurs, les Sarkosy, dont l'existence est concentrée à coloniser les médias, à vous y répandre comme dans votre dernière baignoire, quittez votre existence travestie, lâchez nos nerfs, passer dans une autre dimension, volatilisez-vous dans la nature, suivez nos abeilles atteintes du colony collapse disorder. Changez de vibrations, Messieurs et Mesdames, vous êtes horribles. Vous pensez que beaucoup de gens vous aiment. Vous n'aimez pas les gens. Sinon, vous auriez une pensée active pour tous ceux que votre existence répétitive insupporte. De l'air. Votre disparition médiatique serait esthétique.

 

Par antonin sisteron
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Lundi 8 septembre 2008
Comme ils sont agaçants ces enfants qui font le perroquet, répètent tout ce qu'on dit, mot pour mot, même si justement ils ne les comprennent pas tous.
On les lasse, alors ils ont inventé cette technique, et alors on change de sujet et de ton.

Dans cet ordre d'idée, je suis en train de tester un technique de "recadrage" de Nicolas Sarkosy, à chacune de ses apparitions dans les médias.

A chaque fois j'éclate de rire, et quand je ne suis pas seul, j'éclate d'un grand rire, radical. Et même lorsque je suis seul, je ris à voix haute.

Oui, je suggère de résister à la sarkomédiatisation par la pratique systématique et sonore du rire - sans fournir d'explication alentours.

Rions en coeur. Et rira bien qui rira le premier.
Par antonin sisteron
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Mardi 2 septembre 2008
 














La présentatrice du JT de TF1 est de celles qui (re)font la France... Le JT de 20 heures, ce moment d'intimité domestique entre cuisine et salle à manger, à peine audible pour cause de couteaux et de fourchettes s'épanouissant à l'abri du petit écran. Du bruit de forme. Capital pour faire la France.

Tout ce qui compte de médias sans substance avait crié :

Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !Laurence-Ferrari-au-JT !
Laurence-Ferrari-au-JT !

Avec une semaine de retard, Challenges aime parler de ce dont tous les médias siphonés ont parlé. Mieux, ils placent sans vergogne un vieux sujet pipole (Laurence Ferrari au JT) dans un dossier qui n'a rien à voir.

C'est simple, je n'ouvrirai pas ce numéro de Challenges. Désolé, Messieurs et Mesdames les annonceurs, je ne verrai pas vos publicités. Désolé, Messieurs et Mesdames les journalistes qui auront fait de bons papiers.
Par antonin sisteron
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Mardi 5 août 2008
Le Point, c'est comme les best-sellers automatiques, c'est sans surprise.  Une fois sur deux, Nicolas Sarkosy, de près ou de loin, est en couverture. Un coup, Le Point caresse son animal comme il faut ; un autre, il se sent obligé d'afficher un semblant d'indépendance.

Dans son édition du 24 juillet, l'hebdo était dans sa semaine gentillette. Il titrait "L'omni-président", reprenant le sobriquet satirique en usage au Canard Enchaîné, mais en faisant, là, une qualité.

Le courage de lire le dossier en entier n'est pas payé d'informations ou de points de vue originaux. Non, la chronique d'ouverture de Sylvie Pierre-Brossolette montre juste une journaliste bien décidée à jouer les soldats du Président. D'autres parleraient des "chiens de garde de la République". C'est vrai qu'avec pour conseillère médias Catherine Pégard, ex journaliste politique au Point, notre Président n'est pas lâché dans le nature sauvage de la presse d'opinion - pardon, presse d'oignons à pleurer sa race de journalistes !
Par antonin sisteron
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Jeudi 17 juillet 2008
Un soir, deux à trois minutes, j'écoutais Henri Guaino - nègre et conseiller de Nicolas sarkosy- sur FR3. Il commentait le succès de l'Union Pour la Méditerranée. Et la journaliste le félicitait, en prenant cette précaution oratoire "Sans flagornerie..." Mort de rire !

Et je lis cette semaine des propos que Bernard Kouchner aurait tenus lors du conseil des ministres au sujet du discours du Président devant les parlementaires européens. Le Canard Enchaîné rapporte:

"
Monsieur le Président, je dois dire que vous avez été, de loin, le meilleur. Cela fait trente cinq ans (?) que l'on avait pas connu cela..."

Et encore : "Monsieur le Président, j'aurais pu être flagorneur... Mais comme tout ce que j'ai dit est vrai et que je le pense... je ne le suis pas."

On admirera au passage la circularité du raisonnement. Si ces propos sont vrais, je dois confesser avoir encore monté d'un cran l'échelle de l'étonnement. Ce qu'un homme est capable de dire, c'est inouïe. C'est aussi un cas de divorce. A la place de Christine, j'aurais illico jeté ses vestes par la fenêtre. Mais les relations entre la presse et la politique, dans ce pays, tanguent entre l'anesthésie générale et la consanguinité interactive.
Par antonin sisteron
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Jeudi 17 juillet 2008
* Titre imaginaire d'une première de couverture non moins imaginaire.
Par antonin sisteron
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Jeudi 17 juillet 2008


















L’un adore l’argent et classe les gens en fonction de leur fortune. Un exercice de longue haleine et dépourvu de sens, dont le but est de rendre ses lecteurs envieux. Le « journaliste »  qui s’échine à établir ce classement des richesses me fait penser à cet ouvrier à la chaîne qui n’aurait d’autre satisfaction sexuelle que celle de fabriquer des godemichés en grande série.

 

L’autre, s’il semble ne pas adorer autant l’argent, le met en scène sur papier glacé, tente de jeter un regard critique, alors qu’il fait commerce de la bonne conscience avec un sens inégalé de la platitude.
 

L’un et l’autre appartiennent au même groupe de presse. Ils font des économies d’échelle : ils prennent un même sujet, les riches, et changent juste la tonalité. Et l’affaire est dans le sac.

Par antonin sisteron
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Jeudi 10 juillet 2008

Je m’attends un jour ou l’autre à voir ce gros titre en couverture de l’Express :

 

« Le Président a accompli son devoir ».

 

On saura alors que sa femme est enceinte.

 

Pour l’heure le magazine, devenu gazette paparazzi à l'aise pour relayer, entretenir et amplifier les bruits de Cour, se contente sur 11 pages (et une couverture) de faire du pipole soft (Le Point et L’Express sombrent dans le pipole ).

C’est parfait pour passer les minutes d’attente avant monsieur le dentiste, pour tromper sa nervosité avant l'attaque de la roulette.

 

Sous la plume du directeur, journaliste de salon et de studio de téloche, on lit enfin : « Carrière de chanteuse, liberté de femme : arrivera-t-elle à rester elle-même dans le volcan du pouvoir ? »  Avec ce genre de platitude pour ado, désespérante, on sait que le journalisme n'a pas fini sa chute.

Plus loin, le même confident de salon rapporte à propos de l'éventualité d'un second album : "Je ne me l'interdis pas, confie Carla Bruni. C'est compatible avec le fait d'être première dame. Si j'ai, bien sûr, l'inspiration nécessaire, et si ma fonction à l'Elysée m'en laisse le temps".

Oui, relisez bien : "C'est compatible avec le fait d'être première dame." Seule une gazette de Cour peut se permettre de rapporter sans gêne ce genre d'égotisme puéril.

Par antonin sisteron
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Jeudi 3 juillet 2008


Ce fut un bon moment de lâchage de journaleux excédés. Marianne fusille 25 Narcisse français qui sévissent dans le paysage à l’étouffée de notre médiacratie.

J’ai passé un bon moment, un peu requinqué.

Mais ils sont trop gentils avec leurs Narcisse. Des Frédéric Beigbeder ou Christine Angot sont si encombrés avec eux-mêmes, si stériles avec leur personne, au point que leur dose de narcissisme (mettons de côté le reste) tuerait un citoyen normal, rendrait malade un être inventif, le dissoudrait, qu’il eut mieux valu ne rien dire, se réserver pour une autre fois, radicale.

Marianne devrait lancer un parfum « Marianne, eau de République », et le vendre. Plutôt que de mettre trois fois la même pub pour Jeanne (nouveau parfum de Lanvin) en pleine page. Un jus garanti anti Narcisse.

Par antonin sisteron
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