Crépitus
"Ce n'est pourtant pas en s'exercant à la fonction de plume portée par le vent qu'on se perfectionnera dans la fonction de vent."
Un air de famille était un petit bijou. Le dernier film est un précipité usé, limite décomposition. Vive la recomposition. D’ici là, Agnès Jaoui doit arrêter son cinéma et se consacrer à la chanson.
Les bonnes situations restent, les bons mots subsistent ici et là. Exemple : Bacri le reporter interviewe Jaoui la politique dans une colline. L’entretien au grand air est perturbé par les bêlements d’un troupeau de moutons. Et voilà que Bacri tente de les disperser mollement et déclare : J’ai quasiment aucune autorité sur ces moutons !
Encore, les personnages secondaires ont toujours le beau rôle et envoient élégamment au tapis les pseudo premiers rôles.
Mais la chronique familiale est ennuyeuse, mais la chronique sociale est anecdotique. Le profil du film est trop personnel, le déroulé trop confus pour atteindre une dimension universelle, et toucher et emballer. Parlez-moi de la pluie aurait pu être une espèce de road-movie provençal où le reporter local Bacri, détaché, flottant, revenu de tout, aurait suivi et heurté la femme politique féministe que joue Jaoui, au bord du fiasco personnel. Y aurait eu de jolis rebondissements, sans pour autant déroger à leur ligne réaliste. Là, ça papillonne sans légèreté. Avec une dose de travail supplémentaire, on aurait pu atteindre un short-cuts couleur Méditerranée. Là, les sujets et histoires du film ne recèlent aucun mystère ; les glissements sont attendus, les chevauchements maladroits.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||