Le samedi 2 mai, je me suis dit : "Tiens mon coco tu vas te lire Le
Monde". Je ne suis pas braqué contre toute la presse.
Pas mal l'enquête sur "la crise sociale multiforme qui secoue la France". Ils sont descendus dans les régions. Du boulot de journaliste, OK. Pas mal Le Monde des Livres. Pas mal Le
Monde 2 et sa cover :Gastronomie et chimie : du goût et dégoût.
A propos de dégoût, oh là là, que vois-je à l'horizon, en GROS, sur la Une ?
Une publicité, une seule... Faut bien que l'argent rentre dans les caisses. Absolument. Gallimard présente
"L'Homme qui m'aimait tout bas", collection NRF. Et devinez qui est l'auteur de ce livre, lalali-lalalère ? Levez les yeux 20 centimètres au-dessus, y a marqué le nom du directeur du
Monde.
Je me dis : comment ne s'écroule-t-il pas sous le poids de la honte ? Un directeur de journal autorise, accepte, voire même, sait-on jamais, pousse à... Je faillis renvoyer le café allongé siroté
en ce petit matin printanier de crise sociale, où les abus de pouvoir financier des "grands patrons" font, depuis des semaines, la Une de la presse.
Après ça, c'est possible de se présenter le lundi matin en salle de rédaction ? Abus de pouvoir personnel, vanité
à la Une, boursoufflure du pouvoir à la Une. Horreur médiatique. Où va paître la corruption du MOI...
Par antonin sisteron
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Des gens ont une présence outrancière dans les médias.
On les voit, on les entend, on les lit. Encore, encore, comme toujours.
Rien à voir avec le comique de répétition.
Ils aiment s'y montrer. Comme s'ils n'étaient jamais assaillis par le doute - un soupçon d'altérité de l'ego-, comme s'ils ne se demandaient jamais s'ils n'ennuient pas, comme s'ils exigeaient
qu'on les aime ad vitam aeternam, à n'importe quelle dose, sous n'importe quelle fréquence ; qu'on aime leur timbre de voix, leurs mots, leur visage, leur coupe de cheveux, leur air, leur peau,
leurs traces, leurs manières, leurs gestes, leur Être placardé.
Vous, les PDDA, les BHL, la clique des animateurs, les Sarkosy, dont l'existence est concentrée à coloniser les médias, à vous y répandre comme dans votre dernière baignoire, quittez votre
existence travestie, lâchez nos nerfs, passer dans une autre dimension, volatilisez-vous dans la nature, suivez nos abeilles atteintes du colony collapse disorder. Changez de
vibrations, Messieurs et Mesdames, vous êtes horribles. Vous pensez que beaucoup de gens vous aiment. Vous n'aimez pas les gens. Sinon, vous auriez une pensée active pour tous ceux que votre
existence répétitive insupporte. De l'air. Votre disparition médiatique serait esthétique.
Par antonin sisteron
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Un air de famille était un petit bijou. Le dernier film est un précipité usé, limite décomposition. Vive la recomposition. D’ici là,
Agnès Jaoui doit arrêter son cinéma et se consacrer à la chanson.
Les bonnes situations restent, les bons mots subsistent ici et là. Exemple : Bacri le reporter interviewe Jaoui la politique dans
une colline. L’entretien au grand air est perturbé par les bêlements d’un troupeau de moutons. Et voilà que Bacri tente de les disperser mollement et déclare : J’ai quasiment aucune autorité
sur ces moutons !
Encore, les personnages secondaires ont toujours le beau rôle et envoient élégamment au tapis les pseudo premiers rôles.
Mais la chronique familiale est ennuyeuse, mais la chronique sociale est anecdotique. Le profil du film est trop personnel, le déroulé
trop confus pour atteindre une dimension universelle, et toucher et emballer. Parlez-moi de la pluie aurait pu être une espèce de road-movie provençal où le reporter local Bacri, détaché,
flottant, revenu de tout, aurait suivi et heurté la femme politique féministe que joue Jaoui, au bord du fiasco personnel. Y aurait eu de jolis rebondissements, sans pour autant déroger à leur
ligne réaliste. Là, ça papillonne sans légèreté. Avec une dose de travail supplémentaire, on aurait pu atteindre un short-cuts couleur Méditerranée. Là, les sujets et histoires du film ne recèlent aucun mystère ; les glissements sont attendus, les chevauchements maladroits.
Par antonin sisteron
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* Titre imaginaire d'une première de couverture non moins imaginaire.
Par antonin sisteron
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L’un adore l’argent et classe les gens en fonction de leur fortune. Un exercice de longue haleine et dépourvu de sens, dont le but est de rendre ses lecteurs envieux. Le « journaliste »
qui s’échine à établir ce classement des richesses me fait penser à cet ouvrier à la chaîne qui n’aurait d’autre satisfaction sexuelle que celle de
fabriquer des godemichés en grande série.
L’autre, s’il semble ne pas adorer autant l’argent, le met en scène sur papier glacé, tente de jeter un regard critique, alors qu’il
fait commerce de la bonne conscience avec un sens inégalé de la platitude.
L’un et l’autre appartiennent au même groupe de presse. Ils font des économies d’échelle : ils prennent un même sujet, les
riches, et changent juste la tonalité. Et l’affaire est dans le sac.
Par antonin sisteron
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Publié dans : Mediapsycho
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